Jeudi 22 juin 2017

JE SUIS TRISTE.

Mercredi 14 juin 2017

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J'ai rallumé mon portable la semaine dernière. Il y a quelques messages à lire... oh très peu, mais je n'arrive pas à me décider. Serai-je capable d'y répondre un jour ou vais-je laisser le temps filer en espérant... je ne sais quoi, que la personne ait cessé d'attendre une réponse. Bref, c'est pas pour ça que je viens parler ici.

Un peu avant 20h, j'ai reçu deux messages sur mon répondeur.
Ca m'a intrigué. La plupart du temps, les gens ne laissent pas de messages. J'ai cherché le numéro sur google pour savoir qui m'avait appelé et c'était le numéro de l'hôpital de... d'une ville. La ville de quelqu'un de spécial. Une vieille obsession. J'aurais pu rappeler dans la seconde mais j'ai préféré prendre mon temps, prendre le temps de me doucher, d'enfiler des habits propres et me rendre sur un pont pour écouter ces messages. Comme si quelque chose d'important allait se passer, un rendez-vous avec le destin. Peut-être me faudrait-il prendre un train dans la nuit pour me rendre près d'elle. Ou même prendre un taxi. Pourquoi ces idées dans ma tête. Cette impression d'avoir enfin une mission à accomplir. Je m'invente un courage et une importance que je n'ai jamais au quotidien. J'suis à la fois heureux de recevoir un signal venant de cette ville mais un hôpital bordel, qu'est-ce que ça peut vouloir dire. Ca peut pas être en rapport avec elle, c'est forcément un hasard. Un hasard trop plaisant. Trop cruel. Un hôpital... peut-être un service de don du sang qui a mon numéro dans son listing de donneurs. Je me sens prêt à donner mon sang, un organe, ma vie. Mais aussi tard dans la journée, non pas possible. Un hôpital qui appelle si tard, c'est forcément pour une raison urgente, quelque chose qui ne peut attendre le lendemain. Est-ce qu'elle serait hospitalisée... elle demanderait à me parler... si c'était le cas, pourquoi m'appellerait-elle autrement que par son portable... peut-être que les portables sont désactivés dans les hôpitaux. Elle n'a pas pu faire autrement que m'appeler depuis le téléphone du couloir... ou alors les gens qui s'occupent d'elle ont trouvé mon numéro dans ses poches alors qu'elle était inconsciente... mais non là, ça va trop loin, je prends mes désirs pour des réalités... on n'est pas liés advitam eternam... elle ne reviendra jamais vers moi... alors c'est quoi... Est-ce que je pourrais être sur une liste de gens à appeler en cas de décès... Ca collerait avec le fait qu'un hôpital d'une ville où je n'ai jamais mis les pieds me laisse un message.

Plus que quelques mètres avant d'arriver sur ce pont. Le bruit du barrage en arrière plan, des lumières de l'autre côté de la Garonne, le concert n'a pas débuté. Tout est encore flou devant moi. Je laisse passer quelques personnes bruyantes et j'enfile mes lunettes. 123. Je tremble. Ce tremblement qui revient chaque fois que je prends mon courage à deux mains pour provoquer le destin. Tout s'emballe dans ma tête, je m'essouffle.

D'abord un premier message, un vieux message daté du 8 juin. J'entends des bruits de grenouilles, ou non de cigales.
Il n'y a rien sur la bande. Toutes ces bestioles sont juste là autour de moi... Message suivant. Celui de 20h. Je vais entendre sa voix ou la voix de quelqu'un qui prononcera son prénom. Je vais essayer d'être à la hauteur pour une fois... J'entends une voix féminine, ce n'est pas la sienne ou peut-être est-ce la sienne mais depuis le temps, je l'ai oublié...

Un message d'une minute qui ne m'est semble-t-il pas destiné... Quelqu'un qui cherche à parler à une fille... une psychiatre qui lui propose un rendez-vous pour un suivi à domicile... Je commence à me résigner... encore le hasard... je lutte une dernière fois... peut-être a-t-elle laissé mon numéro pour m'envoyer un signe du destin ou... peut-être que c'était... simplement un hasard, une erreur, mon numéro confondu avec un autre par la plateforme qui gère les rendez-vous de ma psy. Ouais, c'est sûrement ça.

Rien en rapport avec ELLE. Juste une fausse joie/peur. Aucune mission à accomplir, je vais sagement rentrer chez moi et... Rien. Il a suffit d'un mot pour que je m'emballe, pour que je m'invente un courage et une énergie à agir que je me croyais avoir perdu. Je sais pas ce que tout ce que ça veut dire. Est-ce que je dois me servir de mon imagination, me raccrocher à des illusions, une utopie. Après tout si c'est le seul moyen de s'en sortir. Pourquoi s'interdire une telle folie.

Au moment de finir l'article, une coccinelle commence à grimper sur mon pied. Je la laisse faire. C'est le moment de faire un voeu. J'ai pas besoin de réfléchir très longtemps... La coccinelle s'envole jusqu'à mon ventre, me chatouille le flan, le dos et je perds la sensation de sa présence avant qu'elle n'arrive à mon cou. Quelques secondes après, je l'aperçoit sur ma lampe ikea. Je la prends en photo et je la laisse tranquille.  Je compte sur elle pour réaliser mon voeu. :x

Dimanche 11 juin 2017

La
vie
est
toujours
plus
moche
qu'elle
en
a
l'air.

Samedi 10 juin 2017

Mon hystérie s'est envolée, ce matin. Je vais continuer à m'éloigner de toute caféine, c'est probablement une partie de la solution. Je trouverai un autre moyen de ressentir cette brûlure si plaisante sur la langue.

J'avais oublié comme les oiseaux chantent, chantent, chantent le matin. Ils ont tant de choses que ça à se dire ? Ca me fascine toujours de voir les gens se parler. Qu'ils aient des plumes ou non.

Samedi 10 juin 2017

Je me sens mal. Déprimé, nerveux, stressé, angoissé. J'ai mal aux dents à trop boire de café. Ce café que je n'aime pas mais que je bois pour la sensation de brûlure qu'il procure en coulant sur ma langue. Je quitte deux secondes l'ordinateur pour aller me faire un jambon beurre. C'est la seule chose que j'arrive à manger en ce moment. Le goût du jambon frais me rassure. Ca doit réveiller en moi une vieille sensation, une époque que j'aimerais retrouver. Quand j'avais le droit à une tranche de jambon mixé pour mettre dans ma soupe de légume. Je vais commencer par arrêter de boire du café. C'est pas le plus dur des engagements. Qu'est-ce que je pourrais entreprendre à 1h du matin qui soit constructif pour ma vie. Au point où j'en suis, la plus petite des actions représentera un mieux, un progrès. Je suis un brin d'herbe au milieu d'un désert sans vent. Il va falloir que je bave, que j'en bave des litres jusqu'à mes racines pour m'aider à pousser, pousser et dépasser en hauteur la plus haute des dunes alentours et voir l'horizon...

Je rajoute un module sur le blog pour voir si je me reconnais dans ce que j'ai écrit par le passé. Je relis un article avec la sensation de l'avoir écrit le mois dernier... et il a déjà plusieurs années. Trop d'années, c'est effrayant. Le temps me glisse entre les mains depuis toujours. Je ne comprends plus rien. Il faudrait que je puisse ralentir la machine.

Un yaourt blanc avec du sucre, du sucre, du sucre. J'ai besoin d'être réconforté par du sucre pour supporter ce monde sur lequel je n'ai aucune emprise. Que ce sucre m'aveugle, me tienne à l'écart de tout ça.

Mais putain mais pourquoi j'en suis où j'en suis. J'ai absolument personne sur qui m'appuyer. Même cette psy ne m'aide plus en rien. Je suis dans une spirale de mensonges avec elle. Je peux plus m'en sortir. J'ai rendu nos conversation totalement stériles hors réalité. J'ai tout gâché avec elle comme avec les autres. Absolument tous les autres. Et le monde a continué à tourner sans moi. J'ai un rapport aux autres totalement faussé.

Ca me désole de revenir toujours sur ce site mais partout ailleurs les gens ne veulent entendre et lire que ce qui les mettra en joie. Si je peux être heureux deux minutes pour le bonheur de certains, aucun d'entre eux n'est disposé à accueillir ce que j'ai envie d'exprimer en totalité. Ils ne sont là que pour le meilleur, jamais pour écouter le pire. La vérité, c'est qu'aucun d'entre eux ne m'aiment. Et j'ai fait tout ce qu'il fallait pour arriver là. C'est pour ça que ma rage n'a aucun échappatoire, aucun responsable extérieur à pointer du doigt, contre qui me révolter, JE SUIS LE SEUL PUTAIN DE RESPONSABLE DE TOUT CE QUI M'EST ARRIVE. Et faut être la personne la plus conne du monde pour laisser tout ça se dégrader sans réagir. Je peux l'écrire mille fois, en prendre conscience, jamais je n'arrive à agir. Je suis totalement bloqué. J'arrive pas à agir. J'arrive pas à me poser sans stresser jusqu'à la panique. J'suis incapable de planifier la moindre chose. J'ai jamais appris à faire ça, aucun modèle à imiter. Je suis totalement paumé, honteux, seul. Triste. Et plus j'aurais besoin d'aide, moins je peux en demander. Je suis dans un cercle vicieux et je n'ai même plus l'énergie de me révolter. La seule énergie qu'il me reste, je la dépense à me faire des noeuds. J'étouffe. Mais jamais assez pour mourir. C'est une torture que je m'inflige depuis des années. Je vois pas de solution. J'en suis à espérer une fausse solution.

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